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Un blog qui parle de culture, de vie, de ce qui plait, de ce qui choque. Bref, c'est un blog d'humeur...

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Mais abattez-le bon sang ! Vous voyez bien qu'il souffre !

onachevebienleschevauxbfr.jpgVendredi dernier, j'ai laissé la maison à ma chère et tendre pour qu'elle puisse accueillir ses quatorze copines (et leurs enfants, on ne rajeunit pas...) à l'occasion de leur "soirée filles". Vous pensez bien, quinze filles dans la maison, moi qui en ai déjà deux, je m'éclipse, je me casse, je prends la tangeante, je joue la fille de l'air, je fais feu des deux fuseaux, je décanille, je me tire, je me barre, je me transforme en courant d'air, je suis de corvée de vaisselle au régiment, j'ai une première à l'opéra, un poker avec des hommes, des vrais, qui ont du poil au torse et des chemises de bûcheron, on va parler cul, on va rire gras et boire de la bière à même la cannette avant de les écraser d'une seule main parce qu'en plus ça épargne du volume dans les poubelles.
On peut être viril et écolo quand même !

Eh ben non, rien de tout ça. Pas de poker, pas de virile amitié, pas d'opéra, et pas de doute: j'étais seul face à mon destin.
J'ai donc opté pour la solution de rechange. Je suis allé au cinéma, avec l'intention de sélectionner la qualité, vu le nombre de fois par an où j'y vais.
Et là, rebelote, des films de qualité (a priori), y en n'a pas... Ou alors, à des heures prohibitives...
Donc, puisque je me suis quand même tapé la route jusque là, je mets 8 euros dans la machine et je reçois mon ticket pour... "Astérix aux Jeux Olympiques".

Un week-end et deux heures plus tard, je n'en reviens toujours pas de ne pas être parti avant la fin. Est-ce mon ineffable optimisme et mon inépuisable espérance en l'être humain qui m'a fait rester assis ? Ai-je attendu fébrilement l'amélioration ?
Vaine attente...
Entre un scénario d'une indigence qui évoque "Les Charlots" ou "Les bidasses en folie", Poelvoorde qui n'est même pas drôle, tellement il en remet pour assurer le cahier des charges, en passant par Alain Delon, qui ne mérite certainement pas son cachet mirobolantesque, tellement il cabotine, j'ai bel et bien jeté mes 8 euros dans un égout à ciel ouvert dont les relents pestilentiels empestent le cinéma français, manifestement à l'agonie.
Delon est nul, il ne se donne même pas la peine de créer quelque peu son César, il fait traîner des gags sur des longueurs indécentes, et je suis certain que Michel Blanc période Jean-Claude Dus aurait eu plus de majesté que lui dans le rôle.

Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Je me souviens de lui dans des rôles mémorables: "Le Samouraï", "Borsalino". Il avait de la classe, un regard énergique, et des problèmes de famille qui lui donnaient une existence artistique. Maintenant, manifestement, il a résolu tous ses problèmes... Soyons contents pour lui, mais qu'il ne vienne plus nous les briser alors !

Le reste du film ? A l'avenant. Dès la fin de "Astérix et Obélix contre César", on s'est rendu compte qu'il valait mieux créer une foule de personnages secondaires, parce que les "héros" sont inexistants. Ils ne sont pas transposables à l'écran. C'est sans doute ce qui a fait la qualité de "Mission Cléopâtre": Numérobis Debouzze, Clépoatre Bellucci, César Chabat, Amombofis Darmon et j'en passe.
Donc, on ne change pas une formule qui gagne: vous voulez des personnages secondaires ? On va vous en donner!
Euh, oui, mais si on pouvait aussi prendre un dialoguiste de talent, un scénariste avec un cerveau et des vrais acteurs pour jouer les personnages, plutôt que ces humoristes pas drôles qui surfent sur la vague d'un seul personnage, contre vents et marée. Poelvoorde fait du Poelvoorde, Delon fait du (mauvais) Delon, Alexandre Astier fait du Alexandre Astier, Dubosq fait du Dubosq et tous les autres se demandent ce qu'ils font là.
Je sais ce qu'on va objecter: les gens paient pour voir ce qui leur plait chez ces acteurs.
Ce qui me ramène à une réflexion que j'ai eue auparavant dans ces pages: pauvre humanité qui se contente de ce qu'elle a.

Le marketing signe la mort de l'art.

Et à la longue, c'est effrayant.
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