Un blog qui parle de culture, de vie, de ce qui plait, de ce qui choque. Bref, c'est un blog d'humeur...
Leibnitz...
- A vos souhaits!
- Hein? Non! Leibnitz, philosophe allemand (1646-1716) se posait la question "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?"
Déjà, faut le faire pour se poser des questions pareilles.
Faut quand même pas être du genre "Starac-juste-pour-voir-comment-ils-chantent" ou "Hummer-parce-que-c'est-sécurisant-en-ville".
On s'émerveille toujours de celui qui trouve des réponses, mais il ne serait rien sans celui qui pose des questions... J'appelle ça le "Principe de la maman de Mozart".
Mais on s'éloigne. Les trois récents lauréats du prix Nobel de physique ont apporté une pierre à l'édifice de la réponse à la question de Leibnitz. Je vous en livre ce que j'ai lu dans un célèbre quotidien de fin de journée* hier.
Les trois japonais au nom particulièrement imprononçable (essayez, vous verrez, c'est pas facile: Yoichiro Nambu, Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa) ont de près ou de loin travaillé sur l'asymétrie des particules.
Moi qui n'ai jamais été un grand amateur des cours de physiques, je le regrette un peu aujourd'hui. Quand j'ai lu le sujet de leurs recherches, je n'y ai (évidemment) compris que pouic. Mais Le Monde, partagé entre un sentiment que le lecteur moyen qui l'achète n'est pas n'importe qui, et un talent pour la vulgarisation, a pondu un joli article pour donner tout au moins l'illusion que c'était facile à comprendre.
Tu parles ! Si c'était vraiment facile à comprendre, ils n'auraient pas eu le Prix Nobel !
Ca n'empêche pas que c'était passionnant !
Voilà l'article, in extenso: http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/08/le-charme-asymetrique-des-particules_1104495_0.html. Ne vous étonnez pas, il commence un peu comme le mien. Je préfère pomper Le Monde (enfin... je me comprends...) que La Déache.
Je me permets quand même de vous citer une partie: "C'est si vrai que dans un monde parfaitement symétrique... nous n'existerions pas. Remontons aux tout premiers instants de l'Univers, quelques fractions de seconde après le Big Bang, voilà 13,7 milliards d'années. S'il s'était formé exactement autant de matière que d'antimatière, ces particules et antiparticules auraient dû s'annihiler dans une gerbe d'énergie, et il y aurait aujourd'hui rien plutôt que quelque chose. Pas de galaxies, d'étoiles, de planètes, de vie.
Or, en 1964, deux Américains, James Cronin et Val Fitch (prix Nobel 1980), ont mis en évidence, en faisant se désintégrer des particules issues d'un accélérateur, une "violation" des lois de la symétrie. Matière et antimatière ne se comportent pas tout à fait de la même manière. Les théoriciens pensent à présent qu'un infinitésimal surplus de la première - une particule supplémentaire sur 10 milliards - aurait suffi, au sein de la soupe primordiale du cosmos, à assurer la victoire de la matière sur l'antimatière."
Une particule supplémentaire de matière sur 10 milliards de particules! C'est un demi-humain (qui a dit "Didier Reynders" ?) pour toute l'humanité! C'est ce que j'ai en poche face au budget du sauvetage de Fortis!
On croit rêver! On est passé à "ça" de se regarder dans le blanc du trou noir!
Devant un fait scientifique aussi parlant, même à mon esprit résolument littéraire voire artistique, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander ce qui a fait que c'est une particule de matière qui a été surnuméraire, plutôt qu'une particule d'antimatière.
Alors de deux choses l'une. Soit il est nécessaire de poursuivre la recherche pour connaître la cause ultime: celle qui a fait que la matière a gagné, a été plus nombreuse, plus lourde, plus forte. C'est d'ailleurs si je ne me trompe pas, le but de la mise en route de l'accélérateur de particules du CERN. Soit on va avoir droit à une séance d'oecuménisme inédit: celle des athées rationalistes avec les créationnistes tendance "Un homme, une femme et un serpent qui parle".
Je les imagine bien montant à la tribune de l'Académie d'Oslo en disant "Vous voyez, on vous l'avait bien dit qu'il y a une force supérieure qui a décidé pour nous! Oui... bon... on s'est trompé de 13 milliards 699 millions 994 mille 231 ans. Mais bon... On va pas s'arrêter à ça. Tout le monde a gagné, aimons-nous les uns les autres et tutti quanti!"
Au regard de possibilités aussi terrifiantes, je suis candidat pour donner quelques tours de pédale à Genève moi.
On va les accélérer, leurs particules !
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J'ai toujours adoré cette périphrase